Le plaisir ne peut-il être que prédateur?

FRANCE-CULTURE

Comment le plaisir se manifeste-t-il dans le capitalisme ? Peut-on penser le plaisir hors des dualismes induits par rationalité moderne ? Suffit-il alors de se “soucier des autres” pour repenser le plaisir en dehors d’un cadre de domination ?

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avec-philosophie/le-plaisir-peut-il-ne-pas-etre-predateur-4199373

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La nouvelle frugalité à mettre en œuvre, à laquelle la « fin de l’abondance » semble faire référence, implique de regarder avec méfiance et critique certains de nos plaisirs : nous déplacer loin pour faire de beaux voyages (quand nous avons les moyens) ; ou encore manger des fruits et légumes venant de très loin, mais aussi de la viande, car l’élevage de bovin ponctionne énormément les ressources naturelles de la planète. La question du plaisir est donc centrale. Certains courants écologiques nous disent aussi que nos plaisirs les plus prédateurs à l’égard de l’environnement sont surtout masculins, ainsi le goût pour la viande et les barbecues, que les femmes partageraient beaucoup moins. Il y a même un courant, l’écoféminisime, qui n’est pas récent mais retrouve un nouveau souffle, pour lequel il faut penser la domination de la nature et la domination du féminin comme ayant la même racine masculiniste.

Une éthique écoféministe

L’écoféminisme est un mouvement qui émerge dans les années 1970. En 1974, une féministe française, Françoise d’Eaubonne invente le néologisme “écoféminisme” dans Le féminisme ou la mort pour relier féminisme et écologie. Ce féminisme travaille à proposer des modèles alternatifs à celui du libéralisme fondé sur des oppositions binaires qui reconduisent les logiques de domination du système patriarcal et capitaliste. Aussi, la domination des femmes et de la nature par les hommes est liée au fait de les considérer comme objets et non comme sujets. Pour contrer cette logique, il semble nécessaire d’étendre la dimension du soin et de l’attention à la seule sphère des humains pour considérer l’ensemble du vivant.

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Jeanne Burgart Goutal explique qu’un des « contresens de l’écoféminisme » est de considérer à tort que ce courant fait des femmes, des êtres, plus proches de la nature que les hommes. Alors, que l’écoféminisme se demande davantage pourquoi une telle représentation sociale occidentale existe et analyse cette association entre femmes et nature. Aussi, l’écoféminisme réalise une expérimentation de possibilités d’autres formes de vie. Estelle Ferrarese explique que « la politique doit se faire non pas à partir de principes appliqués mais par le biais d’une vie menée autrement ».

Faire genre

Institut du Genre

Le GIS IDGenre a lancé une série de 8 podcasts, intitulée « Faire genre »centrés sur des concepts des études de genre comme « binarité », « intersectionnalité », « care », « performativité », etc.

Liens :

Depuis le site de l’Institut du Genre : https://institut-du-genre.fr/evenements/le-genre-en-mouvement/#sextraire-de-la-binarite

Depuis YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=pCv81Ml6Uv4

Depuis Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/5372967

Depuis Spotify : https://open.spotify.com/episode/0iEQVE74o6SN2rfZpaQbsA?si=83938cdbf80d4c99

Depuis Apple Podcasts : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/1-sextraire-de-la-binarit%C3%A9/id1653852105?i=1000586079398&at=1l3vpUI&app=itunes&ct=LFV_6a7d043762fe1cfc54552c2533a1c6c9&ls=1

Pourquoi est-il plus simple de parler de physique que de sociologie ?

« Si la relativité, la chute des corps et tous les arguments de la physique mettent tout le monde d’accord, il n’en va pas de même des arguments sociologiques. Les sciences sociales (sociologie, économie, histoire, psychologie, anthropologie) traitent du monde social, le mettent en chiffre, en loi et en raisonnements. Or, les hommes connaissent le monde social, l’ont pratiqué et en ont un savoir intime. C’est ce savoir spontané qui, souvent, rend difficile à comprendre et accepter les résultats scientifiques obtenus par les sciences sociales. Si la diffusion de la sociologie n’a pas d’importance en soi, elle peut être utile pour déjouer les manières de présenter qu’utilise le pouvoir en place. En effet, ce dernier n’hésite pas à s’abriter derrière le savoir ordinaire des gens et leur sens moral pour dissimuler des vérités que les analyses des sciences sociales permettraient de voir éclater. »

Licence

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« Sport, passeur d’Europe »

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Pendant trois ans (2020-2023), la chaire Le sport passeur d’Europe. Sociologie d’une construction européenne a pour ambition de développer de nouvelles recherches et transmettre des savoirs innovants sur la contribution du sport à l’européanisation des citoyens. Sur le plan de la recherche, il s’agira notamment d’interroger le sentiment d’appartenance ou de résistance à l’Europe des classes populaires. Pour des populations ne se regardant pas comme « européennes », éloignées généralement des opportunités ouvertes par la citoyenneté européenne, les compétitions sportives européennes diffusées dans les médias sont susceptibles de créer une proximité à l’Union européenne. La France et l’Italie seront étudiées plus spécifiquement. Parce qu’il est suivi avec passion par les pays tiers, le football et le basket européens seront également étudiés comme vecteur de diplomatie publique (le Maroc sera pris en exemple). Ces sports permettent de questionner une pratique sociale et un spectacle populaire transnational largement partagés ainsi que les liens affectifs et horizontaux entre Européens d’une part et entre Européens et d’autres populations extra-communautaires par ailleurs.
Circulant dans les espaces nationaux, les processus d’européanisation informelle et la politique symbolique mise en œuvre par les institutions européennes et sportives tendent également à suggérer l’idée d’une identité ou d’une dimension européenne du sport. Il s’agira dès lors non seulement de vérifier si le nationalisme ordinaire ou « banal » à travers le sport étudié généralement dans un cadre stato-national s’observe dans le contexte communautaire européen mais aussi de déterminer qui sont les entrepreneurs sportifs d’Europe.

Ces travaux s’inscrivent dans la perspective originale de sociologie de l’Europe qui caractérise un certain nombre de travaux en sciences sociales à l’université de Strasbourg, articulés avec des programmes d’enseignement, notamment de Master et de Doctorat. Les enseignements sur le sport et l’Europe à l’université de Strasbourg s’enrichiront des résultats obtenus, s’ouvriront à d’autres universités tant françaises qu’européennes et à la société civile.