Pourquoi est-il plus simple de parler de physique que de sociologie ?

« Si la relativité, la chute des corps et tous les arguments de la physique mettent tout le monde d’accord, il n’en va pas de même des arguments sociologiques. Les sciences sociales (sociologie, économie, histoire, psychologie, anthropologie) traitent du monde social, le mettent en chiffre, en loi et en raisonnements. Or, les hommes connaissent le monde social, l’ont pratiqué et en ont un savoir intime. C’est ce savoir spontané qui, souvent, rend difficile à comprendre et accepter les résultats scientifiques obtenus par les sciences sociales. Si la diffusion de la sociologie n’a pas d’importance en soi, elle peut être utile pour déjouer les manières de présenter qu’utilise le pouvoir en place. En effet, ce dernier n’hésite pas à s’abriter derrière le savoir ordinaire des gens et leur sens moral pour dissimuler des vérités que les analyses des sciences sociales permettraient de voir éclater. »

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« Sport, passeur d’Europe »

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Pendant trois ans (2020-2023), la chaire Le sport passeur d’Europe. Sociologie d’une construction européenne a pour ambition de développer de nouvelles recherches et transmettre des savoirs innovants sur la contribution du sport à l’européanisation des citoyens. Sur le plan de la recherche, il s’agira notamment d’interroger le sentiment d’appartenance ou de résistance à l’Europe des classes populaires. Pour des populations ne se regardant pas comme « européennes », éloignées généralement des opportunités ouvertes par la citoyenneté européenne, les compétitions sportives européennes diffusées dans les médias sont susceptibles de créer une proximité à l’Union européenne. La France et l’Italie seront étudiées plus spécifiquement. Parce qu’il est suivi avec passion par les pays tiers, le football et le basket européens seront également étudiés comme vecteur de diplomatie publique (le Maroc sera pris en exemple). Ces sports permettent de questionner une pratique sociale et un spectacle populaire transnational largement partagés ainsi que les liens affectifs et horizontaux entre Européens d’une part et entre Européens et d’autres populations extra-communautaires par ailleurs.
Circulant dans les espaces nationaux, les processus d’européanisation informelle et la politique symbolique mise en œuvre par les institutions européennes et sportives tendent également à suggérer l’idée d’une identité ou d’une dimension européenne du sport. Il s’agira dès lors non seulement de vérifier si le nationalisme ordinaire ou « banal » à travers le sport étudié généralement dans un cadre stato-national s’observe dans le contexte communautaire européen mais aussi de déterminer qui sont les entrepreneurs sportifs d’Europe.

Ces travaux s’inscrivent dans la perspective originale de sociologie de l’Europe qui caractérise un certain nombre de travaux en sciences sociales à l’université de Strasbourg, articulés avec des programmes d’enseignement, notamment de Master et de Doctorat. Les enseignements sur le sport et l’Europe à l’université de Strasbourg s’enrichiront des résultats obtenus, s’ouvriront à d’autres universités tant françaises qu’européennes et à la société civile.