Misogynie, enjeux politiques et culturels

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Les Presses Universitaires de Pau et des Pays de l’Adour viennent de publier, sous la direction de Maurice Daumas, Nadia Mékouar-Hertzberg (sous la dir.), Misogynie. Enjeux politiques et culturels.
Présentation La discrimination envers les femmes constitue un phénomène universel, nécessitant une approche globale et pluridisciplinaire. Son fondement réside dans la misogynie, un sentiment non moins universel, mais que la langue et l’opinion commune minimisent. Définir la misogynie comme une « aversion pour les femmes » (Littré), comme la « haine ou mépris des femmes » (Le Grand Robert), revient à en faire un sentiment exceptionnel dans les relations entre les sexes, donc une pathologie. Or, la discrimination généralisée envers les femmes induit la nécessité d’une nouvelle approche. Nous entendons ainsi par « misogynie » toute attitude, comportement ou situation discriminatoires à l’égard des femmes, recouvrant des faits intentionnels ou involontaires, conscients ou inconscients, réalisés par des acteurs sociaux individuels ou collectifs. Cet ouvrage propose une approche transdisciplinaire issue des domaines de l’histoire, de la littérature, des sciences politiques, de la sociologie, de la psychosociologie, et de la psychanalyse. Il est essentiellement centré sur les problématiques telles qu’elles se posent dans deux territoires : l’Espagne et la France.
Sommaire
Introduction de Maurice Daumas « Tout est politique »
Christine Bard – L’antiféminisme au prisme du déclinisme : Joran d’hier, Zemmour d’aujourd’hui
Christine Guionnet – Intérêts et limites du concept de « misogynie » pour décrypter le jeu politique
Réjane Sénac – L’égalité au XXIe siècle : un « après l’émancipation » ou la modernisation d’une égalité sous conditions pour les « non-frères » ? Attitudes, comportements et représentations
Bernard Nominé – Misogynie et peur du féminin
Marie-Carmen Garcia – La misogynie, norme cachée des amours clandestines
Marie-Laure Déroff – Presse féminine et sexualités : une émancipation féminine sous conditions
Hélène Marquié – Le philosophe, le psychanalyste, la danse et le féminin
Yohann Chanoir – Ces mégères que l’écran a su apprivoiser…Histoire et images de la misogynie dans le western En terre d’Espagne
Ana Armanta-Lamant – Peut-on parler de misogynie au siècle des Lumières espagnol ? Allison Taillot – La guerre d’Espagne de Valentine Ackland et Sylvia Townsend Warner : homosexualité féminine et engagement antifasciste
Élise Martos – Approches misogynes de l’œuvre de Luisa Isabel Álvarez de Toledo, intellectuelle et femme engagée
Nadia Mékouar-Hertzberg – Misogynie, violences et conflits dans la production littéraire des femmes en Espagne (1975-2000)
Plus d’informations Consulter le site des Presses Universitaires de Pau et des Pays de l’Adour.
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Source : http://www.archivesdufeminisme.fr/actualites/misogynie-enjeux-politiques-culturels-de-maurice-daumas-nadia-mekouar-hertzberg/
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Les classes populaires et le FN

Entretien vidéo :

Gérard Mauger : « Les classes populaires et le FN »

 

Moins d’un ouvrier sur sept a voté FN en 2015
Source : L’humanité, 6 février 2017


Les enquêtes disponibles remettent en cause le stéréotype de l’électeur FN en « beauf machiste et homophobe, raciste et xénophobe ».

Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle de 1995, Libération publiait un scoop au vu d’un sondage postélectoral : le FN serait devenu le « nouveau parti de la classe ouvrière »… Qu’en est-il aujourd’hui ? Lors des élections régionales de 2015, si plus de la moitié de l’électorat FN se recrute dans les classes populaires (ouvriers, employés et retraités ex-ouvriers ou employés), c’est en fait moins d’un ouvrier sur sept qui a voté pour le FN dès lors que l’on tient compte des abstentionnistes et des non-inscrits. C’est dire que, s’il y a aujourd’hui un « nouveau parti des classes populaires », c’est – et de très loin – celui de l’abstention.

Le constat ne dispense pas pour autant de s’interroger sur cette fraction des classes populaires qui vote FN. La question est au fond celle que pose Thomas Frank à propos des classes populaires nord-américaines : pourquoi les pauvres votent-ils à droite (1) ? Seules des enquêtes de terrain peuvent permettre d’y répondre. Contre l’idée reçue qui voudrait que le vote exprime le choix d’un programme, il faut rappeler, en effet, la très inégale distribution sociale des compétences politiques et, au-delà, de l’intérêt pour la politique. Désintérêt qu’accentue la professionnalisation croissante de la vie politique et qui permet de comprendre, au moins pour partie, la très inégale participation électorale. De ce fait, on ne saurait déduire, par exemple, du vote FN d’un ouvrier ou d’une employée son adhésion au programme du FN (dont, le plus souvent, ils ignorent tout ou ne savent pas grand-chose). Si ces votes FN n’ont, bien sûr, pas rien à voir avec le FN, il faut néanmoins s’interroger sur la signification qui leur est attribuée. Que veut dire l’ouvrier ou l’employée qui vote FN ? Un ouvrier qui vote FN est-il un « ouvrier raciste » et que signifie « raciste » dans son cas ? L’est-il au même sens qu’un bourgeois traditionaliste, qui vote lui aussi FN ?

L’influence délétère de la crise des sociabilités populaires
Les enquêtes disponibles remettent en cause le stéréotype de l’électeur FN en « beauf machiste et homophobe, raciste et xénophobe » qui doit sans doute plus à un « racisme de classe » qui s’ignore qu’à l’enquête de terrain. Mettant en évidence l’influence délétère de la crise des sociabilités populaires, elles interpellent également des interprétations banalisées comme celle du vote FN généralisé de « la France périphérique », ou celle du vote FN comme expression du ressentiment dû au déclassement. Elles montrent les effets de l’exacerbation des luttes de concurrence entre « Français » et « immigrés », du « procès » dont « la respectabilité » est l’enjeu, entre classes populaires « établies » et classes populaires « marginalisées », à propos de la délinquance, des incivilités de l’assistanat (« les cas soces »). Pour la fraction « établie », le vote FN permet de se démarquer – moralement – des fractions précarisées, paupérisées et souvent immigrées, et, pour la fraction « marginalisée », de se distinguer de « plus bas qu’elle ». Les enquêtes soulignent également les effets de la perte d’influence des « idées de gauche » et ceux de l’inculcation politico-médiatique des visions racistes ou encore ceux de l’héritage politique familial.

On peut tirer au moins deux conclusions « politiques » de ces enquêtes. L’analyse des données statistiques disponibles met en évidence la très grande dispersion sociale et la volatilité de l’électorat FN. Tout oppose, en fait, sa composante populaire à celle issue des beaux quartiers, qui se retrouve dans la Manif pour tous, tout comme s’opposent, au sommet de l’appareil FN, Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen. C’est dire, comme y insistent Daniel Gaxie et Patrick Lehingue (2), que « l’électorat FN n’existe pas » : il s’agit en fait d’un « conglomérat » miné par ses contradictions internes. Il faut donc prendre appui sur ces contradictions et travailler à hâter son implosion. Par ailleurs, les enquêtes sur le vote FN dans les classes populaires mettent en évidence les impasses du militantisme anti-FN, à commencer par sa vindicte contre « les prolos bornés et racistes » qui votent FN. La reconquête des classes populaires – qu’elles s’abstiennent ou votent FN – passe par la réhabilitation de leur ethos traditionnel, de leur « souci de respectabilité » (la « common decency », si l’on veut, fondée sur l’ardeur au travail, l’honnêteté, le respect de soi-même et des autres) des classes populaires – Français et immigrés confondus.

(1) Pourquoi les pauvres votent à droite, Thomas Frank, Éditions Agone.
(2) Les Classes populaires et le FN, livre coordonné par Gérard Mauger et Willy Pelletier, Éditions du Croquant, collection « Savoir/Agir », 18 euros pour le livre, 14 euros pour l’e-book.

Le couple

 FRANCE CULTURE

LE COUPLE, « NOUVELLES ALLIANCES »,

9 JANVIER 2017

PODCAST : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouvelles-vagues/le-couple-15-nouvelles-alliances

Infidèle/s à qui?

http://radiomedecinedouce.com/broadcast/34219-Infidèle-s-à-qui

Image de l'épisode 17 février 2017 à 15:00       durée : 1 heures 36 minutes 19 secondes
Infidèle/s, à qui ?
Bien-être ensemble
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Selon une étude publiée par l’IFOP, les françaises seraient de plus en plus infidèles, et les français aussi ! Cette nouvelle fait jaser dans les chaumières : et pour cause, personne ne se sent réellement à l’abri. Si ces chiffres se font symboles d’une plus grande liberté, ils font aussi peur, car bouleversent à petit feu la représentation que nous avons de la femme, et du couple. Mais à qui sommes-nous le plus souvent infidèles ? Dans cette émission, nous tenterons, non pas de chercher les coupables, mais d’ouvrir des chemins de réflexion sur ce sujet trop souvent passé sous silence, sujet pourtant au coeur de l’intime.
Participant image: Marie-Carmen  Garcia Marie-Carmen Garcia Participant image: Philippe Arlin Philippe Arlin
Sociologue et professeur à l’université Paul Sabatier de Toulouse 3, elle est aussi directrice adjointe du centre de recherches en sciences sociales sport et corps, le CRESCO. Elle a sorti en 2016 l’ouvrage « Amours clandestines » aux presse universitaires de Lyon. Sexologue et féministe, il vient de publier début 2017 « Sexuellement incorrect » aux éditions de La Martinière. Il est aussi chroniqueur radio spécialisé dans les questions de sexualité.
Participant image: Eve De Candaulie Eve De Candaulie Participant image: Émilie Brigand