Raymonde Moulin, aux sources de la sociologie de l’art

 

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« Raymonde Moulin (1924-2019) fut une pionnière en sociologie, inventant en France la sociologie de la production artistique et des marchés. Elle fut aussi au premier rang de l’émergence de femmes sociologues au plus haut niveau de la discipline, dans la seconde moitié du 20ème siècle. Elle présida d’ailleurs la Société Française de Sociologie au milieu des années 1980, et dirigea la Revue Française de Sociologie, de 1993 à 1998. Pendant son mandat à la tête de la Société Française de Sociologie, elle organisa à Marseille en 1985 un fameux colloque fondateur de sociologie de l’art, auquel prirent part des figures majeures de la sociologie internationale tels que Howard Becker, Eliot Freidson, ou Richard Peterson. Elle a effectué toute sa carrière au CNRS, de 1957 jusqu’à sa retraite en 1992, ainsi qu’à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales (1985-1992). »

(Mondes Sociaux : https://sms.hypotheses.org/a-propos)

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https://sms.hypotheses.org/20409

Etre une femme c’était mieux avant?

Mœurs en direct | Antenne 2 | 28/09/1983

https://youtu.be/twmc-ndLTWs

Six femmes âgées racontent, sous forme de monologue, leurs relations avec leurs compagnons, leurs souvenirs et leurs projets. Elles évoquent les relations difficiles avec leurs maris respectifs.
Rosemarie, 41 ans, mère célibataire, travaille de nuit à l’hôpital, a quitté le père de son fils, va quitter son compagnon actuel, et ne vit que pour son fils.

Histoire des sensibilités

Faire l’histoire du silence ?

Est-il possible de faire une histoire du silence ? Si oui, comment trouver dans les archives ce qui justement ne laisse pas de traces ? Fidèle à l’histoire des sensibilités dont il est l’un des principaux promoteur, Alain Corbin attache sa réflexion à ce silence qui n’est pas une absence de bruit, mais bien un objet historique.

Pour y parvenir, l’historien propose trois balades dans le passé à ses auditeurs. La première l’amène à questionner le silence des paysans, un silence qu’il oppose à celui des urbains, notamment des ouvriers. Si le paysan est taiseux, il l’est surtout par calcul. Son mutisme assure la solidarité du groupe familial, conserve ses secrets et protège le patrimoine. Sa méfiance naturelle envers les étrangers – policiers, agents des impôts, juges etc. – le conforte dans cette attitude.

Toutefois, si sa parole est rare, elle n’en est que plus précieuse et se fait l’instrument de sa crédibilité. S’il est interrogé par la justice, le paysans n’énonce que ce qui sert sa stratégie et utilise le silence pour instrumentaliser la partie adverse. Il joue ainsi sur les stéréotypes des élites ou des urbains, pour lesquels la parole paysanne est jugée pauvre ou maladroite – alors qu’elle peut être tactique et assez savante.

Si le constat peut faire penser au Silence de la mer, Alain Corbin propose de le dépasser pour questionner la possibilité de faire une histoire des sentiments de la paysannerie. C’est l’objet de sa seconde balade dans les sources sur les paysans du XIXe siècle – registres paroissiaux, liste de conscription, archives notariales. À l’issue de celle-ci, la réponse est négative : les archives renseignent pas sur les sentiments et les émotions, puisque la principale source de la passion et de l’émotion est l’écriture de soi. Or, seul 1% de la population possède la capacité de mettre en mots ces émotions. Il est donc quasiment impossible de faire cette histoire.

Des biais peuvent néanmoins être utilisés pour parvenir à restituer certaines émotions. C’est l’objet de sa dernière balade, dans le village de Morterolles. Dans celui-ci, les conférences données par son instituteur aux adultes de la fin du XIXe siècle montrent qu’il existait un appétit certain pour ces sources de savoirs. Loin de l’image élitiste de paysans rustauds, Alain Corbin montre ainsi comment ces hommes qui ne lisaient pas élaboraient des stratégies pour parvenir à s’instruire.

 

POST CAST AUDIO :

https://sms.hypotheses.org/20246