Faire couple, une entreprise incertaine

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Faire couple, une entreprise incertaine

Tensions et paradoxes du couple moderne

Gérard NEYRAND

Avec la participation de Beate COLLET, Daniel COUM, Marie-Carmen GARCIA, Emmanuel GRATTON, Abdelhafid HAMMOUCHE, Diane KHOURY, Pascal LARDELLIER, Emmanuelle SANTELLI, Isabelle TAMIAN

Dans la collection : Questions de société

Lien : https://www.editions-eres.com/ouvrage/4541/faire-couple-une-entreprise-incertaine

 

Résumé

Rendus fragiles par les contradictions de l’hypermodernité, les couples trouvent des solutions pour perdurer en se renouvelant, tant au niveau des pratiques sociales que des positionnements psychiques.

Les conditions actuelles de la conjugalité, au niveau social et psychique, ne nécessitent-elles pas un renouvellement des réflexions sur ce qu’est un couple ? Les auteurs analysent les différentes facettes de la vie des couples d’aujourd’hui – des circonstances de leur naissance aux difficultés de leur maintien – ainsi que la diversité des pratiques conjugales : place des nouvelles technologies dans la formation des couples, de l’infidélité, diverses conceptions de l’amour chez les jeunes, augmentation des couples mixtes ou des unions homosexuelles.

LUTINE

FILM

Écrit et réalisé par Isabelle BROUÉ – France 2016 1h37mn – avec Isabelle Broué, Mathieu Bisson, Philippe Rebbot, Agathe Dronne, Laurent Lederer, Françoise Simpère…

Bande annonce :

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=260427.html

Du 05/02/20 au 05/02/20 à Toulouse (Borderouge), 20h, Utopia (discussion avec la réalisatrice et Marie-Carmen Garcia) :

https://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=4104&mode=film

 

LUTINEQui est qui ? Qui aime qui ? Qu’est-ce qu’aimer ? Qu’est-ce que jouer ? Et tant qu’à faire, pour le même prix : qu’est-ce qu’un film ? Lutine, adorable comédie sentimentale un brin loufoque, signé par la trop rare (on s’en rend instantanément compte) Isabelle Broué, ne s’embarrasse guère d’étiquette : piquant chassé-croisé amoureux, documentaire sensible sur le sentiment amoureux partagé, fable licencieuse sur le processus de création d’un film, amusante vulgarisation sociologique, home-movie en permanente réinvention, on peine à le définir. Le vécu se mêle à l’inventé, la fiction n’est jamais totalement fictive et le documentaire jamais complètement réel. Les fils de croisent, se nouent, et tissent ensemble une joyeuse proposition de film comme, parole !, on en voit peu.

Notre héroïne, Isabelle Broué, réalisatrice, décide de tourner un film documentaire sur le lutinage, ou, au choix : la polyamorie, le polyamour, l’art des amours plurielles. Pour ce faire, elle s’invite à des réunions où des poly-amoureux échangent sur leurs expériences (pas toujours faciles), interviouve Françoise Simpère (la notion de poly-amour, le terme de lutinage, c’est elle), parlemente avec son amoureux qui refuse d’intervenir dans le film, embauche des comédiens pour jouer, qui, à ses côtés, le rôle de son compagnon, qui, quelques plans plus tard son rôle à elle aux côtés de son compagnon, à moins que ce ne soit l’acteur… À l’écran, elle doute, écrit, rature, tourne des séquences, les assemble… Le tour de force du film est de jouer toutes ces différentes partitions avec une clarté déconcertante. Isabelle Broué vous invite généreusement à jouer avec elle le jeu de la création du film. Jouant aussi avec les émotions et les sentiments, brouillant les pistes entre réalité et fiction, elle fait mine de jouer à prendre des risques… Qu’est-ce qu’aimer ? Le propos est charmant, à coup sûr sincère, finalement passionnant. On en ressort nettement moins obtus qu’en y entrant. Mission accomplie.

Critique du livre « Le sexe et la langue »

LGS_color1Jean Szlamowicz et Xavier-Laurent Salvador signent un pamphlet antiféministe décoré de discours linguistiques — Compte rendu critique par l’association de recherche GSL

Jean Szlamowicz et Xavier-Laurent Salvador. 2018. Le sexe et la langue. Petite grammaire du genre en français, où l’on étudie écriture inclusive, féminisations et autres stratégies militantes de la bien-pensance. Paris : Éditions Intervalles.

Fin 2018 paraissait Le sexe et la langue, titre qui peut faire illusion, pour le moins lorsqu’on ne connait pas le champ des recherches linguistiques sur le genre ou lorsqu’on ignore le fonctionnement discursif actuel de l’expression la bien-pensance, qui sert si souvent de drapeau de ralliement au sein de courants de pensée ultra-conservateurs. Cela dit, la première page comporte une dédicace qui devrait fonctionner comme une bonne mise en garde pour le cas où le titre semblerait ambigu : « aux féministes – aux vrai(e)s ! » Le choix des mots-clés du titre, avec cette dédicace par laquelle deux auteurs – qui ne font état d’aucun engagement féministe notoire dans leurs écrits précédents – prétendent distribuer des brevets de vrai ou faux féminisme, voilà qui suffit pour mettre sérieusement la puce à l’oreille à quiconque a l’habitude de se confronter à la vulgate antiféministe contemporaine. En effet, il suffit encore, dans notre France des années 2010, d’afficher son engagement féministe pour expérimenter ce type de rappel à l’ordre de la part des antiféministes contemporains qui semblent passer leur temps militant à expliquer aux féministes qu’elles et ils se trompent de combat et desservent leur cause. La première page affiche donc un indice, qui s’avère, de fait, pertinent. L’impression de plonger dans un pamphlet politique antiféministe (et parfois purement misogyne, surtout en deuxième partie) se confirme à la lecture de l’ensemble.

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