Corps, genre et pluripartenariat

pluri

Journée CRESCO/ARPEGE

« Corps, genre et pluripartenariat. Coulisses d’enquêtes » 

Mardi 7 Novembre 2017  

9h30-18h

Salle D31 Maison de la Recherche, Université Toulouse 2 Jean Jaurès

L’objectif de cette Journée d’études est de discuter des méthodes d’enquêtes mises en œuvre pour analyser des formes de « pluripartenariat simultané ». Les analyses « au ras du sol » dans ce domaine sont rares car elles requièrent une réflexion épistémologique et déontologique ainsi que des dispositifs de production des données spécifiques. En effet, infidélité, polyamour ou polygamie sont interdits, régulés ou condamnés socialement rendant difficile l’approche « micro » (ego-documents, observations, entretiens, etc.). Or, pour les études de genre, cette approche du pluripartenariat permet de rompre avec les représentations doxiques (ordinaires et savantes) de l’amour et de la sexualité.

 

Programme 

9h30 :  Introduction de la journée 

10h : Philippe Nkoma Ntchemandji, anthropologue, Piral, université Saint Exupery, Libreville (Gabon)

« La socialisation pour le non dire » des femmes au prisme des relations extraconjugales d’hommes mariés : une persistance du pouvoir masculin au Gabon ».

Au Gabon, la satisfaction des besoins affectifs et/ou sexuels entre mari et femme n’est pas exclusive au cadre conjugal. Le couple légalement constitué par le mariage civil, sous l’option monogame, ne se terre pas dans une rigoureuse vie privée. Les relations sexuelles et amoureuses durables (plusieurs années) d’hommes mariés avec d’autres femmes, célibataires le plus souvent, définies comme extraconjugalité durable (plusieurs années), sont légion au sein des villes gabonaises.  Des « injonctions », familiales ou religieuses, sont faites aux épouses, dans le mariage, afin de garder le silence et/ou ne rien faire contre les « amours adultères » d’époux. On peut ainsi conclure à un « ordre du genre » dans la conjugalité préexistant aux relations intimes d’hommes mariés monogames hors du cadre conjugal

11h : Philippe Combessie : sociologue, Université Paris X Nanterre, Sophiapol

« Recherches sur le pluripartenariat envisagées du côté féminin dans une dynamique post-libérale »

L’hétérodoxie des pratiques de pluripartenariat sexuel ou amoureux affecte de façon importante les personnes qui en développent. C’est encore plus le cas pour les femmes, sur qui les injonctions à l’exclusivité sexuelle, ou du moins à l’ancrage de la sexualité dans une relation dyadique de type « amoureuse », pèsent davantage que sur les hommes. L’importance, dans les conditions post-libérales, de la prise de conscience des dettes dans lesquelles chacun se trouve impliqué (Crétois, 2012) conduit les personnes développant quelque forme de pluripartenariat à élaborer des formes d’éthiques sexuelles ou amoureuses alternatives qu’il est fondamental de prendre en compte pour analyser la façon dans ces comportements s’inscrivent dans leur existence. Deux modes d’investigation se sont révélés particulièrement féconds. D’une part, le « suivi qualitatif à long terme » par lequel les données récoltées à différents moments de la vie d’une même informatrice permettent d’appréhender, au-delà de l’apparente cohérence d’un discours livré un jour donné, la complexité – liée à la spécificité de ces pratiques – de la construction de l’image de soi et de sa sexualité, et leur évolution. D’autre part  « consociation » (Schütz, 2008) des informatrice à l’enquête, par laquelle ces dernières prennent une part importante au développement des analyses du chercheur.

12h30 : Pause

14h30 : Agnès Girard : anthropologue, chercheuse associée au Sophiapol (EA 3239), Université Paris Nanterre.

« Les love doll aussi ont un coeur. Pluripartenariat avec des poupées. »

Au Japon, les propriétaires de love doll ont mis en place des scénarios facilitant la mise en place d’une collection de poupée sur le plan symbolique : il leur faut en effet concilier leur désir consumériste avec l’idéal amoureux qu’ils ont si fortement associé à ces objets. Comment parviennent-ils à faire cohabiter chez eux plusieurs créatures dont ils disent qu’ils ne veulent pas les blesser ? Comment éviter le problème de la jalousie entre poupées ? Quelles négociations mettent-ils en place lorsque, se fatigant d’une poupée, ils décident d’en acheter une autre ? Et comment présentent-ils la deuxième à la première (et aux suivantes) ?

16h : Atelier-discussion autour des travaux des doctorant-e-s avec les chercheur-e-s

Contacts/informations

Mélie Fraysse, université Toulouse III : melie.fraysse@orange.fr

Marie-Carmen Garcia, université Toulouse III : marie-carmen.garcia@univ-tlse3.fr

 

PROGRAMME

 

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